De nos jours, certains musulmans
font souvent preuve dun zèle étonnant lorsquil
sagit dappliquer certaines règles islamiques
qui ne sont pas nécessairement obligatoires, alors quils
adoptent une attitude orgueilleuse par rapport aux choses fondamentales
de la religion. Dans un domaine particulier, ce comportement peut
amener le musulman à «voler». Le Prophète
(P. et B. d'Allah sur Lui) a dit: «Le
pire voleur parmi les hommes est celui qui vole dans sa prière».
Lorsque ses compagnons lui demandèrent: «Ô
Messager dAllah, comment quelquun vole-t-il dans sa
prière?», il répondit: «En
ne complétant pas son roukou (inclination) et son soujoud
(prosternation)».
On rapporte que le Prophète
(P. et B. d'Allah sur Lui), observant un homme qui ne complétait
pas son roukou correctement et qui relevait rapidement la tête
après chaque prosternation, avertit les gens autour de
lui que si cet homme mourait dans cet état, il mourrait
en ayant une foi autre que la foi musulmane. Dans les mosquées,
il est fréquent de voir des musulmans qui, semblables à
des oiseaux qui picorent, se baissent et se relèvent rapidement
lorsquils font leurs inclinations et leurs prosternations.
Certains font des prosternations avec tant dimpatience quon
est à même de se demander comment il est humainement
possible quils aient eu le temps de dire «soubhana
rabbiyal ala» au moins trois fois. Et même sils
ont eu le temps de le dire, quelle signification cela a-t-il eu?
Peut-on vraiment méditer sur notre relation avec le Créateur
si nous faisons des mouvements aussi rapides durant notre prière?
Avons-nous vraiment compris et considéré le sens
des paroles que nous avons dites durant notre prière? Dans
le Coran, Allah dit: {Bienheureux
sont certes les croyants, ceux qui prient avec attention et humilité}
[23: 1-2]. Si nous faisons nos roukous et soujouds à toute
vitesse, mais que nous passons des heures en bavardages futiles
ou dans des réunions concernant nos activités habituelles,
avons-nous vraiment accompli notre devoir?
Le Prophète (P. et B. d'Allah
sur Lui) a dit: «La première
chose au sujet de laquelle un serviteur dAllah devra rendre
compte, au Jour du Jugement, est la prière. Si elle est
valide, le reste de ses actions le sera aussi. Si elle est inadéquate,
le reste de ses actions le sera également».
Si notre prière se réduit à une séance
de gymnastique douce qui ne nous laisse aucun effet durable, doit-on
sétonner du fait que le reste de nos actions, individuelles
et collectives, naient pas lefficacité voulue?
Notre façon de faire les
roukous et les soujouds est symptomatique des problèmes
que nous avons par rapport à notre prière en général.
La chose importante que nous devons garder à lesprit,
cest que chacun dentre nous, quil soit érudit
ou étudiant, imam ou nouveau converti à lislam,
homme ou femme, peut et doit essayer daméliorer sa
façon de prier, à partir du jour où il apprend
à faire la prière jusquau jour de sa mort.
Alors la prochaine fois que nous nous apprêterons à
nous incliner, assurons-nous de ne pas nous faire prendre entrain
de voler.
Source: Magazine
Al-Jumuah, vol 9, numéros 4 & 5, 1418 H.