Il
revient au musulman majeur d'intervenir pour réprouver un acte
louable délaissé par la force, s'il en est capable,
ou par l'exhortation.
C'est une preuve de la foi en Dieu.
Allah l'a assimilée à la foi même quand il dit
:
{Vous êtes
la meilleure communauté jamais apparue sur terre, car vous
exhortez à faire le bien et vous blâmez le mal, et
vous croyez en Dieu} [3-La Famille dImran: 110].
LES PREUVES DE LA TRADITION :
1. Dieu l'a ordonné en disant
:
{Qu'il y ait
parmi vous une communauté qui prêche le bien, ordonne
ce qui est décent et proscrit ce qui est blâmable.
Ce seront eux, les bienheureux} [3-La Famille dImran:
104].
2. Dieu a déclaré que
Ses alliés, ceux qui sont dignes de Son secours, sont bien
ceux qui recommandent de faire le bien et condamnent le mal. Il
dit :
{... Ceux qui,
une fois leur pouvoir établi sur terre, observent assidûment
la prière, s'acquitteront de l'aumône recommanderont
le bien et dénonceront le mal} [22-Le Pèlerinage:
41].
{Les croyants
et les croyantes sont étroitement solidaires. Ils ordonnent
ce qui est bien, proscrivent ce qui est mal. Ils sont assidus à
la prière, acquittent régulièrement l'aumône
obéissent à Dieu et à Son Prophète}
[9-Le repentir: 41].
Parlant de Son serviteur Loqman,
alors quil exhortait son enfant, il dit :
{Mon enfant observe la prière, recommande
ce qui est bien, déconseille ce qui est mal. Endure patiemment
ce qui peut t'atteindre, tout cela est le propre d'une âme
résolue} [31-Loqman: 17].
Reprochant aux Fils dIsraël
leurs fautes, Il dit :
{Ceux d'entre
les enfants d'Israël qui avaient tourné le dos à
la foi, ont été maudits par la bouche de David et
celle de Jésus pour avoir été rebelles au Seigneur
et avoir commis l'iniquité. Ils demeurent indifférents
devant le mal, évitant de se censurer les uns les autres
Comportement infâme s'il en fut} [5-La Table Servie:
78].
Parlant toujours des Fils dIsraël,
Dieu nous fait savoir qu'Il avait sauvé, parmi eux, ceux
qui conseillaient le bien et blâmaient le mal, et qu'Il avait
laissé périr ceux qui se taisaient. Il
dit :
{Nous sauvâmes ceux qui réprouvaient
le mal et infligeâmes aux injustes un châtiment terrifiant,
pour leur actes pervers} [7-El-Araf: 165].
3. Le Prophète (P. et B. d'Allah
sur Lui) a dit :
- «Quiconque
constate un fait abominable doit intervenir pour le corriger, soit
par la main s'il en est capable, soit par la parole ou à
défaut qu'il le désapprouve en son for intérieur.
Cest là le stade le plus faible de la foi»
[Moslim].
- «Vous
recommandez le bien et réprouver le mal ou Dieu vous infligera
de sa part un châtiment. Vous implorez Dieu, alors ils ne
vous secourra pas» [Tirmidi].
4. «Il
n'y a point de société ou l'on commet des péchés
et où des gens capables de les réprimer se taisent
qui ne risque de subir on châtiment général
qui n'épargne personne» [Tirmidi].
Abou Thaalaba Khosty (un compagnon
du Prophète) demanda à celui-ci l'explication de ce
verset: "Que vous importe que d'autres s'égarent, si
vous êtes sur la voie de Dieu". Le Prophète (P.
et B. d'Allah sur Lui) dit: - «Thaalaba!
Exhorte les autres à faire le bien et réprouve le
mal. Quand tu remarques que l'avarice n'est plus maîtrisée
que le caprice fait la loi, que chacun est infatué de son
opinion et que l'on fait honneur à la vie matérielle,
à ce moment occupe-toi de toi-même et fuis les gens.
De rudes épreuves en foules, de la noirceur de la nuit Vous
attendent. Celui qui observera sa religion à ce moment-là
aura la récompense de cinquante hommes d'entre vous. Cinquante
hommes d'entre eux, répliquent les compagnons, (pas dentre
nous!). Mais non d'entre vous dit le Prophète (P. et B. d'Allah
sur Lui) Aujourd'hui Vous trouvez des agents qui vous incitent à
faire le bien, quant à eux, ils en seront dépourvus»
[Abou Daoud & Ibn Majah].
- Il n'y eût point de Prophète
parmi ceux qui m'ont précédé, qui neût
ses apôtres et ses compagnons qui suivaient sa conduite et
appliquaient ses enseignements. Ensuite des générations
leur succèdent, disant ce quils n'appliquent pas et
agissant à l'encontre des enseignements reçus.
Celui qui les combat, est un croyant,
celui qui leur résiste par la langue, est un croyant, Celui
qui les désapprouve par le cur est aussi un croyant.
En dehors de cela il n'y aura pas un atome de foi. - Interrogé
sur la meilleure des guerres saintes, le Prophète dit :
- «Une
vérité proclamée à la face d'un despote»
[Ibn Majah, Ahmed et Nissaï].
TEMOIGNAGES LOGIQUES :
1. L'expérience a prouvé
que la maladie envahit petit à petit tout le corps quand
il n'est pas soumis a un traitement. Arrivée à ce
stade, la maladie est difficilement combattue. Ceci s'applique également
aux mauvais actes que personne ne condamnent et qui deviennent une
habitude pour tous, quelque soit leur âge. Il sera alors difficile
de changer leur orientation et d'extirper leurs défauts.
A ce moment, ils encourent le châtiment divin, car "La
loi de Dieu est immuable. Vous ne Lui trouvez aucune déviation".
(35-Les Anges: 43).
2. Il est clair qu'un foyer négligé,
non nettoyé pendant longtemps, devient insalubre, d'une odeur
fétide et d'un air infecté. Les microbes y pullulent.
C'est exactement ce qui se produit dans une société
où le mal n'est plus réprouve, où l'on n'exhorte
plus à faire le bien. Alors les âmes ne tardent pas
a se souiller et les gens à devenir méchants. Le bien
est méconnu, et le mal règne de plein droit. A ce
stade on devient indigne de la vie. Dieu, par des mesures qu'Il
juge convenables, anéantit la société. Ses
rigueurs sont implacables, et étant puissant, Sa vengeance
est redoutable.
3. On remarque que la nature humaine
s'habitue facilement au vice, s'y familiarise, l'apprécie
et finit par le trouver normal. C'est la que doit intervenir l'exhortation
au bien et la réprobation du mal; si le bien est délaissé
et n'est pas rétabli à temps, les gens ne tardent
pas à s'habituer à son absence et trouver anormal
son existence.
De même, si on ne s'empresse
pas à réprimer le vice, ce dernier se propage, se
généralise et finit par devenir familier aux yeux
de ceux qui le font qui finissent par le considérer le bien
même. C'est le stade de l'aveuglement, de la déformation
spirituelle, que Dieu nous en préserve!
Pour parer a cette dégradation,
Dieu et Son Prophète (P. et B. d'Allah sur Lui) ont expressément
recommande de réprouver le mal et d'inciter à faire
le bien. C'est un devoir auquel tout musulman doit se conformer
pour veiller à la sauvegarde de sa pureté, de ses
bonnes murs et de son rang social dans le monde.
Comment s'y prendre :
1. Pour recommander le bien, le musulman
doit savoir ce qu'est le bien conseillé par la loi divine;
c'est également le cas du mal qu'il doit réprouver
parce qu'il est réfuté par la religion.
2. La personne qui se voue à
cette mission doit être pieuse et ne pas faire le contraire
de ce qu'elle prêche, car Allah dit :
{Croyants!
Pourquoi dites-vous ce que vous ne faites pas? Il est vraiment abominable,
pour Dieu, de dire ce que vous ne faites point} [62-Le Rang:
3].
{Prêchez-vous
aux hommes la bonté, alors que vous-mêmes, vous l'oubliez?
Serez-vous à ce point insensés, vous, qui récitez
les écritures!} [2-La Vache: 44].
3. Celui qui prêche le bien
et réprouve le mal doit être affable et clément.
Il exhorte avec douceur et n'est pas choqué si on lui fait
du mal. Au contraire, il endure et pardonne. Dieu nous le fait savoir
en ces termes:
{Mon enfant,
(dit Loqman exhortant son enfant) recommande ce qui est bon, déconseille
ce qui est mal, endure patiemment ce qui peut t'atteindre. Tout
cela est le propre d'une âme résolue} [31-Loqman:
17].
4. Il est interdit d'espionner les
gens pour découvrir leur mal, tel que les épier chez
eux, ou soulever le pan de leur habit pour voir ce qu'ils cachent,
ou bien, ouvrir leur panier pour déceler ce quil contient.
La religion recommande de ne jamais
chercher à dévoiler les faiblesses humaines, ni d'espionner
les fauteurs. Voici les recommandations divines :
{Ne vous épiez
pas les uns les autres!} [49-Les Appartements: 12].
Le Prophète (P. et B. d'Allah
sur Lui ) aussi dit :
- «Ne
vous espionnez pas» [Boukhari].
- «Quiconque
passe sous silence les imperfections d'un musulman, Dieu ne dévoile
pas ses torts dans ce monde et dans l'autre» [Moslim].
5. Avant de commencer par exhorter
quelqu'un à faire le bien, il est nécessaire de l'éclairer,
car il est possible qu'il agisse par ignorance. De même quand
on veut le prévenir il faut lui montrer le mal quil
commet, car il se peut qu'il l'ignore aussi.
6. Ceci fait, on doit agir avec douceur.
Si le prévenu ne se conforme pas, on lui adresse des paroles
qui touchent le cur. On lui expose, par exemple, le châtiment
qui peut l'atteindre et la récompense que Dieu lui réserve.
S'il persiste dans son refus, on recourt alors au blâme et
au langage sévère. Si cela encore savère
inutile, on emploie la force, si on en est capable, autrement on
fait intervenir les amis ou les autorités.
7. Si on est incapable de changer
le mal par la force ou par la parole, par crainte pour sa vie, ses
biens ou sa dignité, et se jugeant très faible pour
supporter le poids de tels sacrifices, il ne reste plus qu'a désavouer
le mal par le cur, selon le dire du Prophète (P. et
B. d'Allah sur Lui) :
- «Celui
d'entre vous qui voit une chose répréhensible qu'il
la redresse de sa main; s'il en est incapable, qu'il le fasse par
le langage; s'il est encore incapable, qu'il la réprouve
dans son for intérieur et c'est là le stade le plus
faible de la foi» [Moslim].
Par le Savant Abou
Bakr Al-Jazairi.
Extrait du Livre: La Voie du Musulman.