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 Invitation lasagesse.net Pourquoi ont-ils choisi l'islam? lasagesse.net
Mlle Afrah Alshaibani

2 mai 1996. Aussi loin que je me souvienne, les membres de ma famille assistaient aux services religieux dans une église chrétienne conservatrice non confessionnelle appelée l’Eglise du Christ. J’ai grandi en apprenant les enseignements de cette église, je suivais les cours d’été d’instruction religieuse et faisais partie des choeurs. Le début de l’adolescence a marqué une période de ma vie où je commençais à me poser beaucoup de questions (comme nous tous à un certain moment de notre vie) : pourquoi faisais-je partie de l’Eglise du Christ et non de l’Eglise luthérienne, catholique ou méthodiste ? Si plusieurs Eglises prônent des doctrines antinomiques, comment pouvons-nous déceler celle dont l’enseignement est authentique? Prônent-elles toutes la vérité? Tous les chemins mènent-ils à Dieu comme j’avais entendu dire ? D’autres prétendent que, peu importe la croyance, seules les qualités humaines font la différence – Est-ce vrai?

Après quelques recherches spirituelles, j’en étais arrivée à la conclusion qu’il existait une vérité fondamentale et, afin de la découvrir, j’avais entrepris une étude comparative des enseignements prônés par différentes Eglises. J’avais décidé que je croyais en la Bible et que l’Eglise qui s’y conformait le mieux était celle que je choisirais. Après de longues recherches, j’ai décidé que l’Eglise du Christ me convenait car ses doctrines étaient conformes au texte de la Bible (mais j’étais inconsciente à cette époque qu’il pouvait exister plusieurs interprétations de la Bible.)

J’avais suivi une année de cours au Michigan Christian College, un petit établissement universitaire affilié aux Eglises du Christ, mais le programme académique ne m’intéressait pas. Je me suis alors inscrite à la Western Michigan University. Ayant introduit tardivement une demande de logement à la cité universitaire, j’ai été placée dans la résidence pour étudiants étrangers. Bien que ma camarade de chambre était américaine, j’avais le sentiment que les étudiants qui m’entouraient étaient étranges et que les pays dont ils étaient originaires étaient tout aussi étranges. J’étais pour la première fois réellement confrontée à la diversité culturelle et cette expérience m’effrayait (car j’ai grandi au sein d’une communauté blanche, dans une famille chrétienne faisant partie de la classe moyenne). Je voulais changer de résidence mais aucune place n’était disponible. Je m’entendais parfaitement avec ma camarade de chambre, ce qui avait motivé ma décision de rester jusqu’à la fin du semestre.

Ma co-locataire était devenue très impliquée dans les activités de la résidence universitaire et connaissait presque tous les locataires. Quant à moi, je faisais partie des majorettes et passais le plus clair de mon temps avec ce groupe. La saison des majorettes prenait bientôt fin et pour occuper mon temps libre, j’avais fini par me joindre à ma camarade de chambre dans ses aventures avec les autres locataires. Cette période s’est révélée être une expérience merveilleuse et fascinante ! Beaucoup d’hommes arabes vivaient dans cette résidence. Ils étaient charmants, séduisants et très amusants. Ma co-locataire vivait une relation amoureuse avec l’un d’eux et nous passions en fin de compte la plupart de notre temps avec eux. Je suppose que je savais qu’ils étaient musulmans (bien que très peu d’entre eux étaient pratiquants). Nous ne discutions presque jamais de religion. Nous passions juste des moments agréables ensemble.

L’année s’était écoulée et j’avais commencé à me rapprocher de l’un de ces locataires arabes. Comme je l’ai dit, nous étions juste heureux d’être ensemble et ne discutions jamais de nos différences religieuses. Ni lui ni moi n’étions pratiquants et cette question ne se posait donc pas. Cependant, au fond de moi, je me sentais coupable de ne plus me rendre à l’église mais je refusais d’y penser. Je m’amusais trop. Une autre année avait passé et, alors que j‘étais retournée chez moi pour les vacances d’été, ma co-locataire m’avait appelée pour m’annoncer des nouvelles affligeantes : elle s’était convertie à l’islam ! J’étais horrifiée. Elle ne m’avait pas expliqué la raison de sa conversion, elle m’avait simplement dit qu’elle avait passé beaucoup de temps à discuter avec le frère de son ami et qu’elle avait enfin trouvé les réponses à toutes ses interrogations. Dès que nous avons raccroché, je me suis mise à lui écrire une longue lettre lui expliquant qu’elle ruinait sa vie et qu’elle devait accorder au christianisme une seconde chance. Durant cette même période, mon ami s’était inscrit à l’Azusa Pacific University en Californie. Nous avions décidé de nous marier et de nous installer en Californie ensemble. Encore une fois, comme nous n’étions tous deux pas pratiquants, nous ne discutions pas de religion.

Secrètement, j’avais commencé à lire des livres sur l’islam. Cependant, ces livres étaient écrits par des non-musulmans. L’un de ces ouvrages dont l’auteur est Anis Sorosh s’intitulait « l’Islam révélé ». Je me sentais coupable de la conversion de mon amie. J’avais le sentiment que si j’avais été une meilleure chrétienne, elle se serait tournée vers l’Eglise plutôt que vers l’islam. L’islam était une religion inventée par l’homme, selon moi, et regorgeait de contradictions. Après la lecture du livre de Sorosh, je croyais pouvoir convertir mon amie et mon mari au christianisme.

Mon mari devait suivre quelques cours théologiques à l’APU. Un jour, après l’un de ces cours, il était rentré à la maison et m’avait dit : « Plus j’en apprends sur le christianisme, plus ma foi dans l’islam se consolide. » A cette même époque, j’avais compris, par certains signes, qu’il désirait pratiquer à nouveau sa religion. Nos problèmes ont alors commencé. Pour la première fois, nous parlions de religion et de nos différences. Il me disait que je devais essayer de connaître l’islam et je lui répondais que j’en savais déjà assez. Je devais savoir. J’avais ressorti le livre de Sorosh et lui avais dit que jamais je ne pourrais croire en l’islam. Mon mari n’est nullement un théologien mais il avait réponse à toutes les questions auquel le livre de Sorosh m’amenait à penser. J’étais impressionnée par son savoir. Il me disait que si je voulais réellement connaître l’islam, je devais m’informer auprès de sources islamiques. Il m’avait acheté quelques livres d’une librairie islamique et j’avais commencé à suivre des cours dans une mosquée locale. Quelle différence entre l’islam enseigné par les musulmans et l’image véhiculée par les non-musulmans !
La décision de me convertir à l’islam a néanmoins été très difficile. Ma fierté en avait prit un coup pendant un certain temps. Comment pouvais-je avouer à mon mari et à mon amie qu’ils avaient eu raison depuis le début ? Je me sentais embarrassée, humiliée. Mais très vite, il m’était devenu impossible de nier davantage la vérité ; j’ai fini par ravaler ma fierté et elhamdoullillah, je me suis convertie à l’islam, la meilleure décision de toute ma vie.


Il y a quelque points que je voudrais dire aux non-musulmans :

1. Lorsque j’ai entrepris durant toutes ces années ma quête de la vérité, j’étais partie de quelques suppositions erronées. Premièrement, je considérais que seul le christianisme détenait la vérité. Je n’avais jamais envisagé de rechercher en dehors du christianisme. Deuxièmement, je considérais que la Bible était la vraie Parole de Dieu. J’avais tort car ces suppositions m’empêchaient de porter un regard objectif sur les choses. Lorsque j’ai entrepris mon étude approfondie de l’islam, j’ai dû commencer depuis le début et mettre de côté toute idée préconçue. Je n’étais pas une chrétienne étudiant l’islam; je portais un regard externe sur l’islam et le christianisme (et bien d’autres religions encore). Le conseil que je peux vous donner est d’être un penseur et un lecteur critiques.

2. Une autre erreur courante chez nombre de personnes à propos de l’islam, est qu’elles se contentent d’un seul de ses enseignements pour juger l’islam dans son intégralité. Par exemple, beaucoup disent que l’islam porte préjudice aux femmes car les lois sur l’héritage accordent à l’homme le double de la femme. Mais ces personnes ignorent que cet héritage est justifié par les responsabilités financières qui incombent à l’homme et dont sont exemptes les femmes. C’est comme si vous rassembliez les pièces d’un puzzle : jusqu’à ce que vous placiez chaque pièce à l’endroit approprié, vous ne pouvez pas découvrir l’image, vous ne pouvez vous contenter d’une seule pièce pour vous prononcer sur l’image dans son ensemble.

3. Beaucoup ont pensé que je ne me suis convertie que parce que mon mari était musulman. Il est vrai que j’ai étudié l’islam à sa demande, mais je ne me suis convertie que parce que l’islam est la Vérité. Mon mari et moi sommes à présent séparés et nous devons divorcer en juin inchaallah. Ma foi en l’islam n’a jamais été aussi forte qu’aujourd’hui. J’espère trouver un mari musulman pratiquant, inchaallah, et pouvoir accroître ma foi et grandir dans la pratique. Mon objectif premier est d’être une bonne musulmane. Qu’Allah nous guide tous au plus près de la vérité.


Extrait du livre: Pourquoi ont-ils choisi l'islam?

 

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