Les
impuretés sont toute chose considérée comme
souillure par les gens de nature saine, de telle façon qu’elles
s’en préservent et en purifient leurs vêtements
si souillés, comme les excréments et l’urine [1].
Et la base dans toute chose est la
permission et la pureté. Quiconque prétend donc l’impureté
d’une chose qu’il apporte une preuve. S’il détient
cette preuve, il n’y a pas de problème. S’il
n’en a pas ou apporte une preuve qui en fait n’en est
pas une, il est obligatoire alors pour nous de nous contenter de
la règle de la pureté originelle [2].
Car juger une chose impure devient une tâche qui incombe alors
à tout le monde de connaître et appliquer, chose qui
ne peut se baser que sur une preuve [3].
Et parmi les choses pour qui la preuve
a été établie quant à leur impureté,
il y a :
a) L’urine
de l’être humain et ses excréments :
Pour ce qui est des excréments,
la preuve est le hadith d’Abu Hureïra, selon lequel le
Prophète (P. et B. d'Allah sur Lui) a dit: «si
l’un d’entre vous marche avec sa chaussure sur une "chose
mauvaise", qu’il sache que le sable est purificateur».
"chose mauvaise" signifie toute chose indisposante: souillure,
impureté, pierre, épine, etc…[4].
Dans le contexte du hadith, il apparaît clairement que cela
signifie impureté.
Quant à l’urine, la
preuve réside dans le hadith de Anas: un bédouin urina
dans la mosquée. Certaines personnes se levèrent pour
le réprimander. Le Prophète (P. et B. d'Allah sur
Lui) dit alors: «Laissez-le, ne le réprimandez
pas». Le Prophète (P. et B. d'Allah sur Lui)
demanda alors qu’on lui apporte un récipient d’eau,
qu’il versa sur l’urine. [Bukhari et Muslim].
b) Le Madhi et le Wadi :
Le Madhi est un liquide blanc,
fin et visqueux qui est secrété lors du désir
sexuel, sans orgasme, ni jets saccadés, et sans que sa secrétion
ne calme l’ardeur du désir. Il peut arriver aussi qu’on
ne le sente pas sortir. Et cela est valable pour l’homme et
la femme [5].
Ce liquide est impur, c’est
pourquoi le Prophète (P. et B. d'Allah sur Lui) a ordonner
de se laver l’organe sexuel après sa secrétion.
Ali rapporte: j’étais
un homme qui secrétait beaucoup de Madhi, et j’avais
honte d’en informer directement le Prophète (P. et
B. d'Allah sur Lui), car j’étais marié à
sa fille. J’ai donc demandé à El-Miqdad Ibn
El-Aswad de lui poser la question, à laquelle le Prophète
(P. et B. d'Allah sur Lui) répondit: «Qu’il
lave son organe puis qu’il fasse ses ablutions»
[Bukhari et Muslim].
Quant au Wadi c’est un liquide
blanc et épais qui est secrété après
avoir uriné [6].
C’est aussi un impureté. Ibn abbas a dit: "le
Mani, le Wadi, le Madhi: le Mani est le liquide dont la secrétion
nécessite le lavage général (ghosl). Quant
au Wadi et au Madhi, le Prophète (P. et B. d'Allah sur Lui)
a dit: «Lave ton organe et fais tes
ablutions comme si tu allais prier» [7].
c) Le crottin d’animaux dont la viande
est illicite :
D’après Abdullah:
le Prophète voulut un jour faire ses besoins. Il me dit alors:
«Apporte moi trois cailloux».
Je n’en trouvais que deux, auquel j’ajoutais un crottin
d’âne. Le Prophète prit alors les deux cailloux
et jeta le crottin en disant: "C’est une souillure" [8].
d) Le sang des menstrues :
Asma bint Abi Bakr a dit: une
femme vint au Prophète (P. et B. d'Allah sur Lui) et lui
dit: "S’il arrive que le sang des menstrues touche le
vêtement de l’une d’entre nous, comment doit-elle
se comporter?". Il dit: «Elle fait
disparaître la tache en grattant, lave l’endroit de
la tâche avec de l’eau, puis rince tout l’habit,
dans lequel elle peut ensuite prier» [Bukhari et Muslim].
e) La salive du chien :
Abu Hureïra rapporte du
Prophète (P. et B. d'Allah sur Lui) qu’il a dit: «Si
un chien lèche le récipient de l’un d’entre
vous, sa purification réside dans le fait de laver le récipient
sept fois, dont la première avec du sable» [Muslim].
f) Le cadavre :
Le cadavre correspond à
tout animal qui a péri de mort naturel, sans sacrifice rituel.
Son impureté est décrite dans le hadith suivant: «Si
la peau du cadavre est tannée, elle devient pure»
[Muslim].
Cependant, il existe des exceptions
:
Le cadavre des poissons et sauterelles:
d’après le hadith d’Ibn Omar, le Prophète
(P. et B. d'Allah sur Lui) a dit: «Nous
ont été rendu licites deux cadavres et deux sangs.
Quant aux deux cadavres, ce sont les poissons et les sauterelles.
Pour ce qui est des deux sangs, ce sont le foie et la rate» [9].
Le cadavre d’insectes constitués
de très peu de sang: comme la fourmi, l’abeille, etc..
D’après Abu Hureïra, le Prophète (P. et
B. d'Allah sur Lui) a dit: «Si une mouche
tombe dans le récipient de l’un de vous, qu’il
la trempe d’abord totalement, puis qu’il la jette. Car
l’une de ses ailes contient un mal, et l’autre un remède»
[Bukhari].
Les os, cornes, griffes, poils, plumes
du cadavre: tout ceci est pur si on en revient à la règle
de la pureté originelle, et d’après ce qu’a
rapporté Bukhari dans son Sahih, sans chaîne de transmission
(Mu’allaq): "L’Imam Azzohri a dit à propos
des os de cadavres - comme l’éléphant, etc…-
: j’ai rencontré des gens parmi les Savants des Salafs
qui se peignaient avec, et l’utilisaient pour s’oindre
d’huile, sans qu’ils n’y voient d’inconvénient.
Et Hammad a dit: il n’y a pas de mal a utiliser les plumes
des cadavres" [10].
Extrait du livre: La purification.
Par le Savant Abdoul 'Adhim El-Badawi.